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Assurance vie : les conseillers en gestion de patrimoine reviennent sur l'obligataire et les actions

Les fonds obligataires signent la plus forte progression du deuxième trimestre dans les allocations des conseillers en gestion de patrimoine, et les fonds actions retrouvent des couleurs, selon l'Observatoire trimestriel publié le 16 juillet par la plateforme Nortia. Les unités de compte captent 60,5 % de la collecte brute en assurance vie.
 

Délaissés au premier trimestre, les fonds obligataires regagnent 7 points en trois mois pour atteindre 16 % de la poche en unités de compte. C'est le mouvement le plus net du deuxième trimestre 2026 dans les allocations observées par Nortia, dont l'Observatoire agrège la collecte et les arbitrages de plus de 3 200 conseillers en gestion de patrimoine, représentant 72 000 clients et 12,6 milliards d'euros d'encours au 30 juin. 

 

Fait notable à l'intérieur de cette poche, les fonds datés ne pèsent plus que 13,5 % de l'obligataire : la baisse progressive de leurs rendements potentiels pousse les conseillers vers des fonds de cœur de portefeuille, des stratégies de court terme ou des expositions aux marchés émergents.
 

Le mouvement s'inscrit dans un environnement où, malgré la persistance des tensions géopolitiques, la détente monétaire redonne de la place aux actifs risqués. « Les marchés apprennent à vivre avec l'incertitude. Elle demeure, mais elle ne paralyse plus », commente Philippe Parguey, directeur général de Nortia, qui décrit des allocations « plus équilibrées et plus sophistiquées qu'il y a encore deux ou trois ans ».
 

Les structurés reculent, les actions redeviennent la troisième classe d'actifs
En assurance vie, les unités de compte concentrent 60,5 % de la collecte brute, contre 39,5 % pour les fonds en euros, dans des proportions comparables au premier trimestre. À l'intérieur de la poche UC, les produits structurés restent la première classe d'actifs avec 26 % des versements, mais reculent d'environ 4 points, leur plus faible proportion depuis le quatrième trimestre 2024. 

 

Les fonds actions gagnent un peu plus de 4 points, à 15,8 %, et redeviennent la troisième classe d'actifs des allocations, avec une diversification vers les actions émergentes, les petites et moyennes capitalisations et les fonds technologiques portés par l'intelligence artificielle. La gestion alternative pèse 11,5 %, les fonds internes dédiés des contrats luxembourgeois atteignent 10 %, une progression que l'Observatoire relie aux incertitudes politiques entourant la présidentielle de 2027. Les fonds monétaires poursuivent leur repli, à 7,4 %, tandis que le private equity (3 %) et l'immobilier (1 %) restent marginaux. Côté arbitrages, 3,73 % des encours ont été réalloués sur le trimestre, avec des flux sortant des fonds en euros et du monétaire, et seuls les fonds immobiliers poursuivent leur décollecte.
 

Compte-titres : 470 millions d'euros collectés depuis janvier
Sur le compte-titres, la collecte atteint 470 millions d'euros depuis le début de l'année, sur un rythme trimestriel stable. Les produits structurés dominent toujours avec 44 % des flux entrants, une proportion en recul mais nourrie par une offre pléthorique : 655 produits différents ont capté de la collecte, un niveau historiquement élevé, avec l'apparition de sous-jacents sur le luxe, le nucléaire ou la transition énergétique. 

 

Les fonds obligataires représentent 15 % des flux, recherchés notamment pour la trésorerie d'entreprise, tandis que les monétaires perdent 4 points, à 11 %. Les fonds actions, alternatifs et flexibles se partagent 14 % de la collecte, dont 7,5 % pour les seules actions ; un cinquième de ces volumes actions passe par des ETF, principalement sur le MSCI World et l'Eurostoxx 50. Enfin, 10 % des flux restent sur le compte espèces, en attente d'investissement. Les cinq titres vifs les plus utilisés en portefeuille sont Air Liquide, LVMH, Safran, TotalEnergies et Schneider Electric.